Parlons lecture

Zana-bolana – femme lunaire

A cœur ouvert !

Il est exactement 20h16, 02 juin 2021, et j’avais envie d’écrire et de parler LECTURE.

La lecture est, à mon sens, une très belle manière de s’éduquer, de voyager, de s’évader. Elle laisser parler l’imagination. Elle inspire mais permet aussi de se connaître et de connaître l’autre.

Aujourd’hui, j’ai récupéré ma commande de Zana-bolana, femme lunaire. Il s’agit d’un recueil de poèmes écrit par la poétesse et slameuse malgache Na-Hassi, édité chez Ranjasoa Publishing. Les poèmes sont écrits en Français et en Malgache.

Je la connaissais en tant que slameuse, il y a plus de 10 ans, à la Fac. J’aimais la façon dont elle s’exprimait à travers les mots et les gestes. Des années plus tard, en 2019 plus exactement, j’ai commencé à la suivre sur sa page Facebook Na Hassi – Poétesse. A chaque fois qu’elle publiait un poème, ses mots résonnaient en moi.

Quand elle a annoncé sur sa page qu’elle allait sortir le livre, je vous laisse deviner mon impatience. J’avais hâte de feuilleter chaque page et de savourer chaque ligne. Le titre m’a tout de suite parlé ! Mais je ne me doutais pas à quel point il allait déclencher certaines émotions une fois entre les mains.

Zana-bolana, femme lunaire, une histoire de femmes

Le livre retrace plusieurs histoires de femmes, notamment des femmes malgaches, sous forme de poèmes. Chaque poème raconte une histoire. 

Lors de la sortie du livre à l’IKM Antsahavola (Ivon-toeran’ny Kolontsaina Malagasy), Na Hassi racontait comment le livre est né. Sa mère, travaillant dans le social, intervenait auprès des femmes rencontrant des difficultés dans leur foyer. Ce sont souvent des femmes battues par leurs maris. 

A l’adolescence, elle était déjà confrontée à des problèmes qu’une grande majorité de femmes malgaches rencontraient dans leur couple. Lorsque ces femmes ne parvenaient pas à trouver sa maman, elles venaient voir la poétesse ; ne connaissant rien de la vie de couple à l’époque ; pour lui raconter leur problème. Ces femmes avaient peur car elles risquaient d’être battues si, par malheur, leurs maris les surprenaient en train de parler à sa maman.

Elle s’est sentie impuissante face à ces plaintes, ne pouvant rien faire pour les aider. 

Il y a un adage qui dit “Ny tokantrano fihafiana” soit “dans le mariage, il y a beaucoup à supporter”. Cet adage a été trop pris à la lettre pendant des années voire des décennies. Au point que les femmes n’osaient plus exprimer ce qu’elles vivaient au quotidien lorsqu’elles faisaient face à des violences conjugales (verbales, physiques ou psychologiques) de peur d’être jugées, d’être battue. Et à Madagascar, une femme qui abandonne son foyer est mal vue, en dépit d’y laisser sa propre vie.

Écrire était, pour Na Hassi, une manière d’aider les femmes et exprimer sa peine. De là est né Zana-bolana, femme lunaire.

Zana-bolana, femme lunaire, des histoires vraies

Dans ce livre, toutes les histoires racontées sont réelles. L’auteure ne cite pas des noms mais chaque femme peut se reconnaître dans chaque histoire. 

Pour tout vous dire, certaines parties du livre ont fait remonter en moi de vieux souvenirs. Des situations que j’avais pensé avoir oubliées mais qui ont refait surface. Et ce n’était pas du tout agréable comme sensation. Il y avait un moment où, pendant la lecture, je me sentais tellement mal, presque au bord des larmes que j’ai failli abandonner la lecture.

MAIS le livre parle aussi de femmes guerrières. De femmes lumières, de femmes qui renaissent, de femmes courageuses. De femme qui décide d’être elle-même et de faire ce qu’elle aime et ce qui la rend réellement heureuse. Et ça fait du bien ! 

On dit qu’une femme qui lit est une femme dangereuse. Dangereuse parce qu’elle s’éveille, parce qu’elle s’instruit et qu’elle ne se laisse plus dominer. Une femme qui n’a pas besoin de faire la guerre pour avoir ses droits, une femme qui sait reconnaître ses valeurs sans imposer, une femme qui combat avec sagesse et discernement. Une femme qui réfléchit.

Ce livre est, pour moi, un vrai bijou. Je le conseille à toutes les femmes, ou aux hommes aussi d’ailleurs. Je pense qu’il y a encore beaucoup de situations que les femmes vivent ou subissent au quotidien dont les hommes ignorent et qui peuvent parfois créer des discordes ou des incompréhensions. 

En tout cas, si tu es intéressé par Zana-bolana, femme lunaire de Na Hassi, tu peux d’ores et déjà le commander sur sa page Facebook Na Hassi – poétesse pour la somme de 19 000 Ariary.

Bonne lecture à tous et prenez soin de vous !

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